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bijoux anciens, en or, platine et diamant

Le besoin de se parer de bijoux est inhérent à la nature humaine. Il est souvent lié à celui de fournir des signes distinctifs permettant de matérialiser les hiérarchies dans l'organisation sociale, ou de cristalliser les sentiments. On le retrouve aussi loin que l'on remonte dans l'histoire des hommes.

Même si aucune preuve tangible n'est arrivée jusqu'à nous, il n'est pas hasardeux d'affirmer que depuis les temps immémoriaux les hommes et les femmes ont suspendu des colliers de coquillages et de cailloux polis autour de leur cou.

Dans les nécropoles de toutes les civilisations anciennes, l'archéologue retrouve toujours des bagues, des bracelets, des boucles d'oreilles ou toutes sortes de bijoux.

Les premiers bijoux or dont on a retrouvé les traces datent du IIIe millénaire av J.C. Vers 2500 ans avant J.C. les femmes sumériennes portaient aux oreilles des anneaux d'or en forme de croissant dont on a retrouvé de nombreux exemples dans les fouilles des tombes royales d'Ur, dans la région qui est aujourd'hui l'Irak. Ces premières boucles d'oreilles sont les ancêtres des anneaux dits "créoles" que, de nos jours encore, les femmes aiment porter.

Puis dans tout le bassin méditerranéen, d'Anatolie à la Grèce, de la Palestine à Chypre et à la Crête, en passant par l'actuelle Italie, on trouve des bijoux dans toutes les civilisations et à toutes les époques.
Les merveilles étrusques, dont les plus anciennes datent de 700 av J.C., sont particulièrement connues et appréciées. Certains motifs ont été repris par des joailliers modernes.

Dans l'Egypte ancienne, le bijou est une part essentielle du costume. Hommes, femmes et enfants en portent. Les animaux sacrés eux-mêmes, chats ou crocodiles, en sont parés. Les pièces les plus anciennes connues datent de la deuxième période intermédiaire, aux alentours de 1600 av J.C.

Sous l'empire romain, et notamment lors de son apogée marqué par le goût du luxe et des richesses, qui remplacèrent les vénérables et sobres vertus républicaines, la joaillerie connut son plein essor. Les auteurs anciens, Pline, Sénèque ou Pétrone nous donnent des informations sur les bijoux. Pline l'Ancien en particulier, au premier siècle de notre ère, nous apprend que la femme de Caligula parait d'émeraudes et de perles sa chevelure, sa tête, ses bras, ses doigts et ses oreilles.
Il parle aussi des efforts faits pour essayer de reproduire les pierres que nous donne la nature. Il écrit:
« Pour dire la vérité il n’y a pas au monde de fraude ou de supercherie qui produise de plus gros gains et profits que celle de la contrefaçon des gemmes »...

En Amérique Centrale et Latine des civilisations telles que les Mayas, les Incas et les Aztèques avaient un goût développé pour les bijoux. L'or assez facilement disponible leur permit d'élaborer de très beaux joyaux dont certains rappellent de façon troublante des pièces égyptiennes.

La Renaissance fut une époque riche dans le domaine de la joaillerie et l'emploi des perles apparaît de plus en plus fréquent.
Au XVIIe siècle, l'emploi des gemmes facettées et des émaux se développe.

Les bracelets et les boucles d'oreilles sont les bijoux dont le port est le plus influencé par les modes vestimentaires. En effet, pas ou peu de boucles d'oreilles entre le XIe et le XVIe siècles quand la mode est aux coiffes, aux bonnets, aux cols ou aux fraises qui ne leur laissent pas de place.
De même les bracelets disparaissent presque totalement dans les périodes où les manches des vêtements sont envahissantes.

Les bagues sont parmi les plus anciens bijoux, ainsi que les plus portés. Elles remplissent diverses fonctions : signe de reconnaissance, délégation de pouvoir, identification…mais aussi cadeau d'amitié, de souvenir, d'amour.

Il semble que ce soit au Moyen Age que la tradition de la bague "preuve d'amour" – la bague de fiançailles – trouve ses racines.

Jusqu'à une époque que l'on peut situer aux bouleversements de la Révolution française, les bijoux étaient plus portés par les hommes que par les femmes.

Nous avons tous en tête les représentations de nos souverains couverts de bijoux et de diamants. Louis XIV est un parfait exemple. Il était passionné de diamants et possédait deux ensembles complets d'ornements de manteau et de gilet en diamants comportant plusieurs centaines de boutons et boutonnières ornés de pierres. Avec ces ensembles il y avait deux chapeaux ornés de diamants.

Avec la Révolution, toutes les modes étant bouleversées les hommes abandonnèrent peu ou prou le port du bijou aux femmes.

De nos jours, il est assez peu courant pour un homme de porter des bijoux, sauf une éventuelle chevalière, une montre (sobre), des boutons de manchettes – quand sa femme ne les lui emprunte pas ! - et plus rarement une épingle de cravate (on les voit aussi souvent au revers des habits des femmes) ou une boucle d'oreille.

Les broches dont les premiers exemples sont les fibules utilisées pour tenir les toges des anciens ont évolué pour devenir purement ornementales.

Elles ont également donné naissance au début du XXe siècle au clip.

Le terme "clip" décrit une broche dont le système d'attache au lieu d'être la simple épingle d'une broche est une pince ou deux aiguilles avec un ressort. Entre les deux guerres, le double-clip dont les deux parties, souvent semblables, peuvent se clipser sur les revers des tailleurs ou se solidariser pour faire une broche, était très à la mode.

Malgré le soin que la plupart des propriétaires portent à leurs bijoux, ceux-ci finissent par s'user, certains plus vite que d'autres.
Il est facile de concevoir qu'une bague vieillisse plus rapidement qu'un pendentif, un bracelet plus rapidement qu'un collier ou des boucles d'oreilles.

C'est l'une des raisons pour lesquelles la quasi-totalité des bijoux anciens disponibles - et portables - sur le marché, n'ont guère plus de 150 à 200 ans maximum. La seconde est que jusqu'à une période assez récente, les mutations de la mode faisaient haïr ce qu'on avait adoré précédemment et souvent les bijoux étaient démontés et fondus pour sacrifier à la mise au goût du jour.

La Maison VUILLET est intéressée par les bijoux portables, c'est-à dire de la période commençant vers la fin du règne de Charles X (1830) et se prolongeant jusqu'aux alentours de 1970, ou sertis de diamants et/ou de pierres précieuses notables.

Dans les bijoux, comme dans les tenues vestimentaires, les modes passent et repassent.
Périodiquement on voit rejaillir des tendances anciennes. Souvent l'actualité joue un rôle dans le retour des modes. Ainsi, par exemple, le style égyptien se retrouve à la fin du XVIIIe siècle au moment des campagnes de Bonaparte, puis vers 1869, avec le creusement du canal de Suez ou après la découverte de la tombe de Toutankhamon (1922).

La révolution industrielle abolit le lien entre bijou et rang social de celui ou celle qui le porte. La bourgeoisie prend l'ascendant sur l'aristocratie, contraignant cette dernière à adopter ses goûts pour survivre. En France, après une brève période d'austérité en réaction aux excès des milieux de la cour disparue, caractérisée pendant le directoire par des tenues vestimentaires simples et le style "citoyen", le nouvel empire ne tarda pas à redonner à Paris sa place prépondérante en Europe pour la mode, l'habillement, les bijoux, en imposant un goût et une exécution raffinés.
Ce goût inspiré des conquêtes égyptiennes et italiennes est emprunt de néoclassicisme et d'exotisme. On le retrouve dans l'architecture des arcs de triomphe ou les frontons de la Madeleine et de l'Assemblée Nationale.
On retiendra le nom d'Etienne Nitot à qui Napoléon commanda de nombreuses pièces, parfois en utilisant les restes des bijoux de la couronne, volés pendant le Révolution, qu'il transforma en de riches parures que Joséphine portait lors de cérémonies.

Pendant la première moitié du XIXème siècle, la dominante constante est le romantisme qui se retrouve dans des bijoux dont la forme doit beaucoup aux époques passées. Styles gothique (cathédrale), Renaissance, grec, étrusque, romain, rococo, naturaliste, mauresque, indien…se succèdent tout au long du siècle, certains revenant à la mode périodiquement. Les bijoux de François-Désiré Froment-Meurice sont les meilleures représentations d'une production qui par ailleurs ne fut guère heureuse sur le plan artistique.

Il faut noter, dans les années 1850 – 1860 la grande importance que prit l'atelier de Carl Fabergé à Saint-Pétersbourg, d’où sortent des bijoux très raffinés et dont la qualité technique d'exécution est admirable. Ceci est d'autant plus remarquable que les machines issues de l'industrialisation rendaient possible une fabrication estampée en série d'éléments d'or de plus en plus compliqués pour réaliser différents bijoux.

Sous Louis-Philippe et au Second Empire, la plupart des bijoux sont en or jaune. Le style naturaliste rétablit la mode du diamant, mais les branches fleuries sont souvent recouvertes de minuscules diamants ou de petites demi-perles. La technique de l'émail est utilisée assez fréquemment pour rehausser les motifs.
La prédilection de l'impératrice pour les perles et les diamants fit beaucoup pour qu'ils se répandent et toute l'Europe s'inspirait des créations suscitées par la cour impériale.

Puis, c'est la "Belle Epoque", les diamants, devenus plus facilement disponibles après la découverte des mines d'Afrique du sud (1867), se montrent de plus en plus sur les diadèmes, les rivières et les parures que les femmes exposent au bal, au théâtre ou dans les réunions mondaines.

Le style "Art Nouveau" – également appelé "modern style" ou "style floral" ou "style 1900" couvre une courte période très productive et extraordinairement créative au tournant du XXe siècle.
Les principaux thèmes sont liés à la nature : lys, iris, jeunes filles, papillons, libellules, animaux aquatiques ou oiseaux nocturnes… sont représentés par les artistes de la façon la plus réaliste.
Les lignes sinueuses forment des entrelacs sophistiqués et les arborescences se confondent dans des transformations et transparences où des pierres aux couleurs douces (pierre de lune, opale, nacre, perle) sont utilisées en conjonction avec des émaux, des pâtes de verre en cloisonné ou plique à jour, parfois ponctuées de diamants, souvent assez petits.
La culture japonaise inspire les formes et les représentations de la nature.
C'est l'époque du verrier nancéien Emile Gallé, de l'affichiste tchèque Alphonse Mucha et des joailliers Falize, Wiese, René Lalique, Henri Vever, Georges Fouquet, Fréderic Boucheron, Lucien Gaillard pour ne citer que les plus connus.

C'est aussi l'époque de l'émergence de joailliers - beaucoup sont français - dont les noms font encore rêver aujourd'hui : Fabergé, Boucheron, Cartier, Tiffany, Van Cleef & Arpels, Mauboussin, Boivin…
D'autres Maisons existent déjà depuis plus de temps. Citons Mellerio dits Meller et Chaumet.

Cohabitant avec ce mouvement, une bijouterie qui continue d'utiliser les gemmes de grande valeur et plus adaptée au goût bourgeois est toujours présente dans toute l'Europe.
Vers les années 1910, les joyaux prennent souvent des allures de guirlandes, de riches devants de corsage de diadèmes, de bijoux compliqués à transformations : les colliers pouvant devenir diadèmes, broches ou bracelets.

C'est aussi le grand avènement d'un métal peu connu et quasiment jamais utilisé auparavant, le platine qui permet des réalisations jusque-là impossibles, à la fois fines, légères à l'œil et solides.
Le diamant est à l'honneur.

Dès la fin de la première décennie du XXe siècle certaines modifications des lignes qui prennent un caractère plus linéaire annoncent un nouveau style qui aboutit en apothéose à la grande exposition des Arts Décoratifs à Paris en 1925, d'où il tient l'origine de son nom; "Art déco".
Aux guirlandes et feuillages qui avaient fait florès dans les années 1910 succèdent des formes géométriques évoquant les progrès de la technologie, l'importance de la mécanique, le futurisme avec notamment l'envolée des moyens de transport autonomes : l'automobile, l'avion.
Les diamants, rubis, saphirs émeraudes et perles sont au centre de lignes souvent contrastées.
Ce style est très apprécié de nos jours et son retour à l'avant-scène datant de plusieurs années est moins éphémère que celui d'autres styles.

Au début des années 1920, puis plus généralement dans les années 30, les progrès de la taille, grâce en particulier aux recherches de Marcel Tolkowsky, permettent de révéler davantage les feux du diamant.
Les grands joailliers parisiens partent à la conquête de nouveaux marchés: l'Amérique du nord bien sûr, dont la puissance se révèlera au monde avec son entrée dans le premier conflit mondial, mais aussi l'Orient, le Japon qui sera une grande source d'idées et les Indes où les fortunes des Maharadjahs et leurs cassettes pleines de pierreries permettent des extravagances quasi sans limites.

1940. Les années de guerre sont évidemment moins propices au luxe et à la créativité. La pénurie de matière première, métaux et pierres, pousse à la spéculation et les bijoux sont souvent lourds. L'or se déploie en généreuses surfaces torsadées. Les années 40 sont en complète rupture avec la tendance géométrique de la décennie précédente.
On voit un retour à une inspiration naturaliste. Fleurs stylisées, tiges et feuilles.
Les noms de Suzanne Belperron, Pierre Sterlé, Jean Schlumberger... émergent. Les diamants et les pierres précieuses, de qualités très variables, sont utilisés pour former ou accentuer des lignes douces et harmonieuses.
Ne négligeons pas de noter des collections de bijoux directement inspirés des hostilités : chars, jeep…

Dans les années 1950, après les privations de la guerre et avec l'essor économique, le désir de trouver un mode de vie plus libre et confortable suscita une esthétique aux lignes plus simples, plus légères et fonctionnelles. Presque tous les styles voisinent : naturaliste, abstrait, exotique, académique. Pour oublier les années noires, chacun recherche la diversité.
C'est le temps du New Look, des jupes amples serrées à la taille, du vichy de Brigitte Bardot dans "Et Dieu créa la femme".

1960… 1970… 1980…
La création est toujours présente. Associée à des techniques de plus en plus sophistiquées et aux progrès des matériels, elle continue l'histoire multi séculaire du bijou.
Les joailliers rivalisent d'idées et de prouesses pour travailler l'or et le platine qui servent d'écrin et mettent en valeur les diamants, les rubis, les saphirs, les émeraudes et les perles en réalisant des objets de parures.

Que ce soit le simple solitaire dont toute jeune fiancée rêve ou l'imposant collier qui met en valeur la beauté de la star lors d'une soirée de gala, le désir est aujourd'hui aussi vivant qu'aux origines de l'humanité.

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