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Taille du diamant

Avant le XIVème siècle, la taille du diamant est inexistante; ni les Hindous, ni les Grecs, ni les Romains ne savaient tailler le diamant. Pourtant, les anciens, conscients des propriétés exceptionnelles de cette gemme dont les formes naturelles, la dureté et la transparence étaient attrayantes, la regardaient comme un talisman et un symbole de puissance.

C'est au Moyen Age que l'on a commencé à polir ses pentes naturelles en frottant deux diamants l'un contre l'autre.

Vers 1400, un groupe de diamantaires parisiens donna pour la première fois une forme au diamant.

Le lapidaire brugeois, Ludwig Van Berckem rénova, vers 1475, les méthodes de taille et fut le premier à employer la meule en fonte poreuse, enduite de poudre de diamant diluée dans de l'huile, dont on se sert encore à l'heure actuelle. Il est souvent considéré comme étant l'inventeur de la taille "brillant". L'étude historique de l'évolution de la taille permet de dire que son rôle fut plus imaginaire que réel. Déjà vers 1400, dans les bijoux bourguignons on trouve le prototype du brillant.

Détail du portrait d'Anne d'Autriche, par Rubens (Le Louvre)

La "taille en pointe" qui correspond à l'octaèdre simplement poli et le diamant "en table" auquel on a poli une grande facette sur le dessus sont parmi les premières formes de diamants taillés. Ce détail d'un portrait d'Anne d'Autriche par Rubens (Le Louvre) peint au début du XVIIème siècle et ce pendentif de la même époque (Schatzkammer, Munich) nous en montrent de beaux exemples.

La taille émeraude actuelle ou la baguette sont des dérivés des diamants "table".


Les diamantaires utilisaient également les plus petits bruts de diamant et en particulier les fragments provenant des clivages, pour en faire des "roses". Sans épaisseur, ces pierres ne présentent des facettes que sur la partie supérieure. Le manque de culasse (ou pavillon) en limite la brillance. Ce type de taille apparu vers 1450 se retrouvait fréquemment seul ou dans des compositions. Actuellement, les "roses" ne sont plus guère utilisées que dans les bijoux modestes.

Contrairement aux indiens qui se contentaient de polir les facettes naturelles des diamants dans une préoccupation principalement tournée vers la sauvegarde d'un poids maximum, les tailleurs européens se sont petit à petit orientés vers une optimisation de la brillance en multipliant le nombre de facettes et en recherchant une symétrie de celles-ci.


Les deux termes DIAMANT et BRILLANT sont souvent utilisés l'un pour l'autre et confondus. Il est important de ne pas le faire. Le Diamant est une matière tandis que le Brillant est un type de taille.

Le profil de la taille brillant est composé d'une partie supérieure, la couronne, terminée par la table. La partie inférieure est appelée la culasse. Le diamètre, ou circonférence du brillant, est le rondiste.

La couronne

Le dessus des brillants comporte :

La culasse

Le dessous des brillants comporte :


1 colette - la pointe du diamant qui est souvent une très petite facette.

Au total, la taille brillant comporte donc :

57 ou 58 facettes selon que l'on considère la Colette comme une facette ou pas.

Au cours de la taille de toute pierre précieuse, la préoccupation est multiple : faire une pierre aussi importante que possible, aussi pure que possible, aussi élégante que possible. Le diamantaire est en permanence à la recherche du meilleur compromis entre ces exigences.

La taille brillant dont les facettes respectent une symétrie et s'opposent pour faire "Briller" le diamant est apparue dès la fin du XVIIème siècle. Cependant, la taille brillant moderne est généralement attribuée à Marcel Tolkowsky (1899 - 1991), un mathématicien et diamantaire belge qui publia en 1919 un livre "Diamond design" dans lequel, à partir de calculs mathématiques, il a établi les proportions à donner à un diamant rond pour en optimiser la brillance et les feux.


Clivage

Avant l'invention de la scie, la seule façon de couper un diamant en plusieurs morceaux était de le cliver.

Le clivage consiste à séparer un diamant brut en deux ou plusieurs morceaux en suivant l'une des quatre directions de cristallisation (parallèles aux faces de l'octaèdre). Pour ce faire, après avoir creusé une encoche à l'aide d'un autre diamant, il suffit, comme on le fait avec une bûche de bois, d'introduire une lame d'acier (comme un coin pour le bois) et de donner un coup sec. Cette opération demande une grande maitrise.


Sciage

Avant le XXème siècle, le sciage des diamants, qui permet de le couper dans une direction autre que les plans de clivage, se faisait à l'aide d'un fil de fer ou de laiton, régulièrement enduit de poudre de diamant, tendu dans un cadre en bambou ou en bois. Il fallait des millions d'allées et venues de la scie et donc de nombreux jours ou mois pour scier une pierre. On raconte qu'il fallut plus d'une année pour scier le Régent.

Actuellement on utilise un disque en bronze phosphoré, très mince, et enduit de poudre de diamant qui tourne à environ 5500 tours/mn. La vitesse moyenne de sciage est de 1mm par heure.


Débrutage

Cette opération consiste à ôter la gangue externe d'un diamant, tout en donnant une forme à un autre.

Comme toujours avec le diamant, ceci est accompli diamant contre diamant.

De nos jours, l'un des diamants est fixé sur un tour, tandis que le second est serti au bout d'un bâton que l'ouvrier bloque sous son bras pour bien maintenir et diriger le frottement des deux pierres. Autrefois, les deux diamants étaient sertis sur deux manchons et l'ouvrier, armé de son habileté et d'une infinie patience, frottait les deux pierres l'une contre l'autre.


Facetage

Après que le diamant ait été débruté et arrondi contre un autre diamant, le tailleur place les facettes. Il ne s'agit pas de tailler au sens auquel on pense pour un sculpteur ou un tailleur de pierres pour le bâtiment. Le diamant est simplement usé sur une meule en fonte poreuse, enduite de poudre de diamant (boart). Finalement les facettes sont polies pour obtenir une surface totalement plane qui va favoriser la brillance.


Types de tailles

Les tailles du diamant se rangent en 2 principales catégories :

la taille brillant ou à facettes (brillant rond, ovale, marquise, poire, cœur).


Les facettes sont sur des plans différents et font briller le diamant.


la taille à degrés (ou à pans) (taille émeraude, carré, baguette, triangle, losange, trapèze, etc...). Les facettes sont parallèles les unes avec les autres, donnant un jeu plus froid.


Grâce au laser, il est désormais possible de réaliser toutes les formes.


Rendement

Le poids de diamant taillé que donnera un diamant brut est extrêmement variable. Le rendement moyen se situe autour de 37%. En moyenne, il faut donc un brut de près de 3 carats pour faire un diamant taillé de 1 carat;

Le Cullinan, découvert en 1905 en Afrique du Sud et qui est le plus gros diamant jamais trouvé à ce jour, pesait brut : 3106 carats.

A partir de cet énorme cristal il fut taillé 9 pierres principales, connues sous le nom de Cullinan I (530,20 carats), Cullinan II (317,40 carats), jusqu'au Cullinan IX (4,39 carats) et 96 autres diamants de moindre importance. Le poids total taillé est de 1055,90 carats soit un rendement de 34%.

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